Résumé article de la revue Pôle Sud -Pascale Faure
voici un résumé d'un
article concernant l'enjeu aeuropéen dans la scène
partisane en Turquie.
Pôle Sud - Revue de science politique de l’Europe
méridionale Pôle Sud
(2005, La Turquie face à l’Europe, II, numéro 23)
La candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union
Européenne est une question qui soulève de nombreux
débats, suscite des réticences… Des séquences
historiques dans les processus de négociation sont
habituellement repérés :
- à partir du 31 juillet 1959, une demande d’association
va être formulée et déboucher sur les Accords d’Ankara
de 1963
- une première demande d’adhésion « provisoire » en 1987
va être repoussée en 1990
- en décembre 1995, une perspective d’association se
redessine mais en 1997, la Turquie est de nouveau exclus.
- en 1999, c’est un principe de pré-adhésion de la
Turquie qui est défini, sous condition de respecter «les
critères de Copenhague ». Cette étape officialise la
légitimité de la candidature turque à partir des
critères politiques fixés par le Conseil européen
d’Helsinki : l’adhésion à l’Union européenne des pays de
l’Europe centrale et orientale nécessite des obligations
(des institutions stables garantissant la démocratie, la
primauté du droit, les droits de l’Homme, le respect des
minorités et leurs protections, une économie)
- en 2004, l’ouverture des négociations est envisagée
pour 2005.
Pourtant ces repères chronologiques ne sont pas
historiquement tout à fait exacts car l’ouverture
européenne de la Turquie est en fait plus étendue et
plus resserrée. En effet, le processus d’européanisation
prend ses racines au XIXe siècle avant de se définir
brutalement dans la République kémaliste (avec une
dimension laïque et démocratique malgré les contraintes
militaires et sécuritaires, avec un nationalisme qui se
confronte aux nationalismes européens …). Et la demande
d’adhésion devient réellement une volonté plutôt qu’une
intention surtout avec le sommet d’Helsinki de 1999, qui
ouvre des perspectives, lesquelles mobilisent de
nouveaux acteurs individuels et collectifs.
Cette relance de la candidature turque provoque un
renversement de tendance : si les partis de centre
gauche/centre droite successivement au pouvoir vont
d’abord soutenir une intégration européenne alors que
les partis d’extrême gauche ou droite vont s’y opposer,
les nouveaux intérêts stratégiques vont changer les
positions….(Peres, 2005, 4-5).
Des étapes dans le processus d’occidentalisation
La première tentative du processus d’occidentalisation,
qui est en cours depuis deux siècles, a commencé avec
l’Empire ottoman, soucieux de regagner sa puissance dans
un contexte de décadence de ses institutions. Le
processus a commencé avec l’importation /adaptation de
l’Etat . Puis la proclamation de la république de
Turquie va lui donner un mouvement plus radical.
De1923 à 1946 : un parti unique, le Parti républicain
du peuple (CHP) va dominer le paysage politique jusqu’à
la fin de la deuxième guerre mondiale. Etat et parti
sont identifiés l’un à l’autre et fondent leur
légitimité sur deux piliers: d’une part, une coupure
politique et idéologique avec l’Etat ottoman, à qui l'on
reproche d’avoir bradé le territoire aux Puissances
européennes, d’autre part, la réussite de la guerre
d’indépendance des Républicains contre ces puissances
étrangères, signifiée par le traité de Sèvres signé en
1920…(Deniz Varda, 2005, 46).
Ce traité de Sèvres consacrait le démantèlement de
l’empire ottoman et établissait l’existence d‘un Etat
arménien, d’un Kurdistan autonome et donnait des
territoires à la Grèce. Mais il est refusé par Kémal :
il sera supprimé en 1922 au profit du traité de Lausanne
qui va donner aux Turcs les territoires disputés.
Pendant la guerre, le CHP, par sa position dualiste va
devenir impopulaire et perdre ses alliances ; cela
aboutira à la transition vers le multipartisme voté en
1945. Dans un contexte européen de victoire des
démocraties et du modèle occidental, l’ouverture de la
Turquie aux institutions internationales (OCDE/OTAN) ou
européennes va apparaître comme une preuve
d’européanisation et de démocratisation.
De la demande d’association de la Turquie à la CEE en
1959 jusqu’au sommet de Helsinki en 1999 (moment
d’acquisition du statut de candidat officiel à l’U.E),
s’écoule une période de 40 ans pendant laquelle la
question communautaire va devenir un thème important
dans l’espace partisan (Deniz Varda, 2005, 47-48).
De 1959 à 1983 : En 1959, la demande d’association de
la Turquie aux Communautés Européennes va être déposée
par le parti DP (parti démocrate, centre droite). Mais
ce n’est qu’avec la constitution de 1961 que le thème
communautaire va s’inscrire dans les discours et va être
soutenu par les deux plus grands partis qui vont marquer
les années 60 : le CHP et le AP (Parti de la Justice
fondé en 1961), remplaçant le Parti démocrate supprimé
par le coup d’Etat de 1960.
L’Accord d’Association va être signé par le gouvernement
CHP (centre gauche) en 1963. Mais il s’agit d’une longue
période qui est marquée par les bouleversements
politiques : deux constitutions (1961et 1982) et trois
coups d’Etat militaires (1960, 1971 et 1980) mettent en
suspend les principes démocratiques.
La constitution de 1961 permet l’expérience du
pluralisme politique et en particulier l’entrée sur la
scène politique d’acteurs contestataires (« anti-systèmique
», opposés au principe de la démocratie libérale et donc
aux positions favorables particulièrement du CHP et du
AP à l’enjeu européen.
Les partis contestataires sont d’extrême gauche et
d’extrême droite et peuvent par ce biais contester, pour
les premiers l’appartenance de la Turquie au bloc
capitaliste, et pour les seconds, l’appartenance au
monde occidental (Deniz Varda, 2005, 49). Les partis
politiques d’extrême gauche (comme le TIP, parti ouvrier
de Turquie) pour la plupart visaient une lutte armée «
anti-systémique ». Pour les partis d’extrême droite, aux
tendances panturquistes, fascisantes ou islamistes, la
CE apparaît comme un agent du monde chrétien, ennemi des
Turcs et des Musulmans.
Les années 70 marquées par une grave instabilité vont
plus ou moins bloquer l’Accord d’association avec la C.E.
La crise économique qui accompagne la crise politique va
participer à renverser les positions : les deux grands
paris du centre (CHP et AP) perdant une partie de leur
électorat vont être contraint de moduler leurs discours
pro-européen pour s’assurer l’appui des petits partis
plus radicaux (extrémistes de gauche pour le CHP et
extrémiste de droite pour l’AP) (Deniz Varda, 2005,
49-50)).
Parallèlement sur la scène politique très fragmentée et
polarisée, on assiste à un changement d’attitude des
acteurs économiques qui vont bientôt jouer un rôle actif
dans les relations avec la Communauté Européenne
(associations ou syndicats patronaux).
Le gouvernement militaire après le coup d’Etat de 1980
va remettre à l’ordre du jour la question de l’adhésion
à l’Europe.
Cette période met en évidence la contradiction des
enjeux dans lesquels sont les partis du centre gauche et
centre droite : si d’une part ils cherchent leur
légitimité par l’intégration dans l’Europe, ils sont
d’autre part dans la réticence à la démocratisation d’un
système politique par crainte de perdre leur parcelle de
pouvoir.
Par ailleurs, l’esprit de la constitution de 1982 a
conduit à une aggravation des discours d’ordre
sécuritaire et à une réduction des libertés politiques,
des droits de la société civile.
En 1983, l’Union européenne va geler les relations après
les élections législatives en Turquie se déroulant de
façon non démocratique (Deniz Varda, 2005, 51).
De 1984 à 1999 : le thème de l’adhésion de la Turquie
à l’U.E va toujours être d’actualité pour les différents
gouvernements qui vont se succéder. Une demande
d’adhésion est déposée en 1987 par le gouvernement ANAP
(centre droite) et le thème sera aussi largement utilisé
par les divers partis d’opposition. Les barrières
énoncées par la C.E. en 1989 deviendront des thèmes de
mobilisations politiques utilisés de façons diverses par
les acteurs politiques, avec une continuité en regard
des positions respectivement tenues par les différents
partis depuis les années 60-70. Ainsi les différents
milieux de la gauche vont peu à peu soutenir l’enjeu
européen, non sans tiraillement, la position de la C.E.
ayant joué un rôle important : le projet européen est
devenu un enjeu politique permettant la lutte pour une
Europe sociale avec la gauche européenne.
Pendant cette période les acteurs socio-économiques
montre leur poids politique de plus en plus important en
faveur de l’intégration européenne et leur pression en
faveur des réformes économiques, fiscales sur les
gouvernements sont efficaces. La plupart des syndicats
professionnels (travailleurs, agriculteurs, artisans...)
hormis les syndicats islamisant sont par ailleurs plutôt
favorables et espèrent une amélioration de leurs droits.
(Deniz Varda, 2005, 52).
Les années 90 sont une période de crise économique, de
guerre (armée avec la PKK), d’instabilité politique des
gouvernements, d’une montée en puissance des islamistes,
du renforcement de l’armée après le coup d’Etat en
1997). L’enjeu de l’intégration européenne reste
important et le texte issu du Conseil de Sécurité
Nationale du 28 février 1997 mettent en évidence la
difficulté de faire face à l’armée dans le processus de
consolidation de la démocratie et son intégration dans
l’Europe. L’adaptation aux critères de Copenhague reste
peu satisfaisante, les réticences se font de plus en
plus manifestes tant du côté de la C.E. que du côté turc
jusqu’en 1999.
Le sommet d’Helsinki en décembre 1999 sera par contre
décisif dans la reprise des négociations
turco-européennes, portées par la gouvernement de
coalition (DSP-MHP-ANAP). Les partis politiques du
centre se montrent à nouveau enthousiastes, les partis
de droite islamisant dévoilent également des positions
plus favorables, l’intégration à l’Europe est également
un argument perçu comme stratégique par les partis
d’extrême gauche.
La recomposition de ces positions est aussi dû aux
évènements géopolitiques qui vont concerner la
transformation du bloc soviétique, les effets de la
guerre en Irak…
Le sommet d’Helsinki : en décembre 1999, ce sommet
jouera un rôle décisif dans la recomposition de l’espace
partisan de la Turquie. Entre 2001 et 2004, des réformes
et des révisions constitutionnelles vont avoir lieu pour
rejoindre les critères de conformité de Copenhague.
Un processus de consolidation de la démocratie qui a
renforcé le camp des partisans à l’U.E. et contribue
aussi à un élargissement de libertés civiles avec
l’émergence d’une opinion publique plus active. Une
convergence qui n’empêche pas les oppositions et les
réserves pendant cette période et qui vont marquer les
stratégies.
Ainsi, le MHP ayant eu une position d’extrême droite
puis opérant un glissement vers le centre, va structurer
sa politique en fonction de ses électeurs « modérés » et
conserver une aile plus radicale : sa position sera
discordante.
Dans le camp islamiste, le SP va montrer une opposition
très forte à l’Europe, alors que la AKP (islamiste
réformiste) sont ouvert à l’enjeu européen. Le CHP
montre deux tendances : une tendance importante
nationaliste opposée à l’U.E et une tendance
internationaliste minoritaire en attente d’une
intégration européenne.
L’armée quand à elle se déclare officiellement en faveur
de l’adhésion mais les craintes d’une réduction de sa
place dans l’espace politique sont en jeu.
Les trois autres partis politiques à représentations
minoritaires que sont l’ANAP, le DYP et le SHP, adoptent
des positions pro-européenne. Deux autres partis (de
gauche) sont également favorables à l’U.E. (HADEP, ÖDP)…
Le discours pro-européen reste un élément de
stratégie et de mesure de sincérité au sujet de la
consolidation de la démocratie. Une multiplicité
d’enjeux économiques également s’expriment par le biais
des groupes d’entreprises.
Diverses associations (de défense des droits de l’Homme,
de syndicats de salariés) ont également une part de
revendications qui peuvent s’appuyer sur les critères de
Copenhague et être source de légitimation en faveur de
la démocratie et donc participent à la mobilisation de
la société civile.
Ainsi l’enjeu européen participe à soutenir un
processus de démocratisation en conduisant les partis et
la société civile à des formes de participation plus
démocratique…
Pôle Sud -Revue de science politique de l’Europe
méridionale
La Turquie face à l’Europe, II, numéro23, 2005
Hubert Peres, :La Turquie face à l’Europe –Une
introduction
Deniz Vardar : La problématique européenne dans l’espace
partisan turc
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Kaynak Resim: [www.dersim.biz] * Qesê pilê
Dêsımi yê Seyd Rızay: "HUKMATO
BÊŞÊREF U ZUREKER"
Bundan daha büyük bir zulme
çok az tanık olunmuştur.
Seyit Rıza ve oğlu Resik Hüseyin,
Cıvrail Ağa ve oğlu Hasan Ağa
birlikte idam edildiler
Pilê Dêsıme ke Xarpêt de darde kerdê
Elazığ’da idam edilen Dersim Önderleri
Aliyê Mirzaliyê Sılemani
Cıvrail Ağa
Lazê Cıvrail Ağay Hesen Ağa
Lazê Qemer Ağay Fındıq Ağa
Wuşênê Seydi
Seyd Rıza
Lazê Seyd Rızay Resik Hüseyin
Hesenê İvraimê Qıji
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DERSİM 38 GİRİŞİMİ KOORDİNASYON KOMİTESİ
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DERSİM 38`DEN DOLAYI TC
DEVLETİNDEN DAVACIYIZ
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DEVLETİNDEN DAVACIYIZ
Türk milliyetçileri yukarıdan aşağıya bir Türk ulusu yaratmak için Osmanlı
imparatorluğunun Türk ve Müslüman olmayan halklarına karşı kanlı bir
kampanya yürüttüler.
İşbaşındaki İttihatçı hükümet Ermenileri ortadan kaldırmak için Birinci
Dünya Savaşı’nı bir fırsat ve bahane olarak kullandı. Bu sırada yüzbinlerce
Ermeni, Rum ve Süryani katledildi, yüzbinlercesi de sürgün.
Birinci Savaş sonrasında Osmanlı devletinin çöküşünden doğan boşluğu Türk
milliyetçilerinin bir diğer kanadı olan Kemalistler doldurdu. TC devletini
onlar kurdu.
1937-38 yıllarında, yani dünyanın dikkatinin İkinci Dünya Savaşı’na
odaklandığı bir tarihte, Türk hükümeti ikinci bir soykırım tertipledi. Türk
milliyetçilerinin bu seferki kurbanı Kızılbaş olarak da bilinen Dersimliler
oldu. Bu kırımda yaklaşık 40 ila 70 bin civarında Dersimli öldürüldü,
binlercesi de sürgün edildi.
1938 kırımı ve sürgünü, kazai veya tekil bir olay değil, ayrıntılarına
varana kadar önceden planlanmış bilinçli bir girişimdi. Hem Türkler’den
farklı ve ayrı bir halk olan Dersimliler’e yönelik etnik bir temizlik, hem
de Osmanlılar dönemi Kızılbaş kırımlarının bir devamıydı.
1938’de yaşanan feci olaylar bazısı hâlâ hayatta olan görgü tanıkları
tarafından sonraki kuşaklara aktarıldılar. Toplu kırımların yapıldığı
mevkiler halk tarafından bilinmektedir.
Biz aşağıda imzası bulunanlar yakınlarımıza ve halkımıza yapılan bu katliam
nedeniyle T.C devletinden davacıyız. Bizzat kendimiz de hafızamızdan ve
hayatımızdan silemediğimiz bu vahşetin izlerini taşıyoruz. 38 soykırımının
mahkemeye taşınmasını istiyor, bu doğrultudaki girişimleri destekliyoruz.
imza
icin devam... |
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