Rétablir la vérité sur l'état turc
Savas Sengul
ü La différence entre un turc et un kurde : les
Turcs sont des ouralo-altaïques alors que les Kurdes sont indo-européens. Ils ne
sont liés que par la religion musulmane, et encore 20% de kurdes ne sont pas de
cette religion. Les Turcs vivent en Anatolie depuis 9 siècles, Istanbul fut
prise aux byzantins au XVème siècle. Les Kurdes sont en Anatolie d’après les
premiers écrits depuis quatre milles ans. L’Etat turc dit qu’on n’est juste des
turcs des montagnes, alors pourquoi notre langue est interdite, puisqu’on est
turc ?
ü Les manifestations du peuple turc concernant les 15 soldats tués par le PKK
(Parti des Travailleurs du Kurdistan), ne sont pas valable. On peut entendre sur
les chaînes turques, de la part de la population, des politiques ou des
journalistes, que les Turques et les Kurdes sont frères. Cette pensée idyllique
ne sera vraie que le jour ou le peuple turc manifestera tant d’amour et de
compassion pour les Kurdes chassés de leurs terres, de leurs maisons, de leur
domaine ancestral, historique ; tués ou torturés à cause de leurs différences
culturelle et linguistique, ou politique. Il s’est vendu 5 millions de drapeaux
en 5 jours, fin octobre, ce qui se monte à 50 millions de YTL, c’est à dire prêt
de 50 millions de francs suisse.
ü On nous parle constamment du problème kurde. Est-ce un problème de parler
sa langue, de vivre de sa culture, de chanter dans sa langue, de porter des
vêtements traditionnels, de donner à ses enfants des prénoms kurdes … et à nos
jours d’avoir des chaînes de télévisions ou des stations radio en langue kurde
et aussi d’avoir des journaux, des magazines, des revues dans sa propre langue.
Le problème n’a jamais était Kurde, mais Turc, de l’état turc. On lit dans la
presse, on entend sur les chaînes de télévision que le problème est kurde, c’est
une grave erreur donc. On devra dorénavant parler de problème Turc.
ü On peut lire et entendre aussi qu’il y a eu 37 000 morts dans le conflit
opposant l’Etat turc et le PKK. Ce chiffre est faux. On oublie les milliers de
personnes en prison pour leurs opinions politique, les milliers d’handicapés,
les milliers de villages détruits, les milliers de déracinements, les milliers
de discriminations, les milliers qui ont dû immigrés dans d’autres pays, les
patrimoines détruits, l’histoire de peuples anéantit, détruits et disparus et
j’en oublie malheureusement pour eux. La mort n’est pas que physique.
ü On entend de la Turquie qu’elle ne peut être divisée. Mais allés dans le
sud-est anatolien, où vivent justement les Kurdes, le pays est déjà divisé
ethniquement, donc naturellement du à son histoire. L’état l’a divisée une
seconde fois, de manière socio-économiquement. Il y a deux Turquie : la faible,
la pauvre, la rejetée, la méprisée ; et la privilégié, l’occidentale, la riche.
L’état turque a commencé à construire des barrages dans le sud-est, pour
profiter des fleuves afin de produire de l’électricité. Il y a eu la création de
milliers d’emploie. Cela aurait été une occasion pour l’état de redorer son
blason auprès de la population locale, mais l’état préféra aller chercher des
turcs de d’autres régions.
ü L’état turc par ses expressions ne cherche qu’à consolider sa nation, qui
comme tout autre est crée autour de mythes fondateurs. Car l’Anatolie est
composé de 37 peuples différents (Lazes, Tcherkesses, Grecs, Arméniens, Arabes,
Assyriens, Kurdes, …) Une véritable mosaïque dont elle ne sait profiter et
mettre en valeur. Au lieu de cela elle les nie et en fait des turcs. Exemple :
le mot fromage et le fromage lui-même, montre une identité ambiguë : peynir est
un mot perse et le fromage lui-même est grec, et eux en font un aliment turc. La
Turquie s’était construite sur les références et identités de d’autres peuples
(Perse, Grec, Arménien, Kurde, Arabe, Byzantin,…) et elle s’enrichit aujourd’hui
par du vocabulaire français ou anglais et par des processus ou dispositifs
européens. Le pouvoir central a toujours rejeté son identité (au XIIIème siècle,
il a été persifié ) aujourd’hui, de puis l’époque d’Atatürk, il s’est influencé
de l’Occident. Il ne reste rien de turc, à part des croyances d’être de vrai
turc.
L’etat turc n’a pas encore accepté d’avoir perdu ses anciennes conquêtes, de
l’époque Ottomane. Je me souviens quand, l’ONU est intervenue en ex-Yougoslavie,
les journaux turcs avaient mis comme gros titre, car ils intervenaient dans la
mission de paix : Nous sommes de retour.
Aujourd’hui, il vit angoisser de perdre d’autres terres. Alors, la haine et la
violence le gagne. L’état cherche à regagner ses terres perdues. En Bulgarie et
en Irak, il paye à la population des antennes parabolique afin que la population
reste en contact avec la Turquie. Il a même développé des mouvements
séparatistes dans ses pays là, mais aussi en Chine.
Simplement reconnaître l’autre est impossible pour lui. On entend même dans
les médias turcs : aime ton pays, ou quitte-le. Solution de faciliter, afin de
fuir ses responsabilités, la légitimité des autres.
Un dicton dit : il n’y a que la montagne qui aime les kurdes.