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Pepo-keko1

Ou l’oiseau qui pleure

 

Un jour d’été au Dersim

Une mère demandait à sa fille et son fils

D’aller ramasser des kenger2

Les enfants prirent donc la route, avec un grand sac

Après une bonne marche

Les enfants en avaient trouvés une bonne quantité

Ils décidèrent donc de rentrer

Sur le chemin du retour, ils s’arrêtèrent un moment

Pour une brève pause, qu’ils méritèrent bien

Le frère et la sœur se partagèrent un kenger en même temps

La sœur dit à son frère, qu’il fallait reprendre

le chemin car il allait faire nuit

Quand il se fut au tour du frère de prendre le sac

Il se sentit qu’il était presque vide

Il demanda à sœur, pourquoi elle avait tout mangeait seule

Elle jugera,  qu’elle n’avait rien mangé

Le frère lui dit : « Tu mens, tu as tout mangé »

La sœur, lui dit alors : «  Ouvre mon ventre, tu verras bien qu’il n’y a que le morceau qu’on c’est partagé »

Le frère a l’aide d’une pioche ouvra le ventre de sa sœur

Il ne vit que la moitié du kenger qu’ils avaient mangés ensemble

Sa sœur ne lui avait pas mentit

Mais d’un coup, il se rendit compte qu’il avait tué sa sœur

Il se demanda comment il avait pu tuer sa sœur

Pour de simples kengers

Il pleura de toutes ses larmes

Le garçon demanda à Dieu de le transformer en oiseau

Il voulait venir chaque été pleurait la mort de sa soeur

Et Dieu réalisa son voeux

Il devint Pepo-keko

 

 

Cet oiseau revient chanter chaque été au Dersim :

Pepo-keko                 Pepo-keko

Kam kist, mi kist                Qui l’a tuée ? C’est moi qui l’ai tué

Kam sut, mi sut         Qui l’a lavée ? C’est moi qui l’ai lavé

Kam knit, ni knit         Qui a creusé ? C’est moi qui ai creusé

 

1 – Les habitants du Dersim (les Desman) disent que cela porte-malheur de chanter cette chanson. Il se pourrait qu’une personne de notre famille meure sur-le-champ, si on se mettait à la chanter. Quand une personne pleure un défin, on dit qu’elle lit des « pepuk ».

 

2 – Le kenger est une plante que l’on trouve chaque été prés d’endroits rocailleux. C’est une plante a épines, qu’on épluche à la main et on en mange l’intérieur. Les habitants du Dersim connaissent toutes les plantes comestibles de leur pays.

 

Jiar u Diyari (Lieux de prières)

 

Sey QAJI était un homme de Dersim. Il est né en 1871, dans la région de Nazimiye, prés du village de Civarik, au lieu dit de Gemik. Il tomba très malade à l’âge de trois ans. Il fut sauvé, mais il perdu la vue. Malgré ce handicape, il fut le plus grand poète de la région à son époque. On a ici un de ses poèmes les plus connue, il nous décrie la position des tribus les plus puissantes du Dersim, avec leurs de cultes. Cependant, ces derniers ne leurs appartient pas. Tous les habitants de notre région peuvent y venir prier sans demander une permission de la tribu installé sur le lieu.

Voici le poème :

 

Kemerê Duzgini, wertê Kurêsan o                        La Pierre de Duzgun est le lieu de                                                                                  vie des Kurêsan

 

Dewa Kurêsu Paxa (Zêve) pi u kalkan o             Le village des Kurêsu est Pax (x=r),                                                                              se sont les plus grands

 

Jêla Miroddayiye wayirê Hêyderan o                  Jêla (lieu de pèlerinage), lieu de vie                                                                                des Hêyderan

 

Harisiya Mirodu wayirê Demenan o                  Harisiya (lieu de pèlerinage), aux                                                                                    Demenan

 

Kalferati persenê bira, wayirê Arêzan o              Kalferati si vous demandez frères,                                                                               c’est aux Arêzan

 

Ewliyayê Tosniye wayirê Bamasuran o             Ewliyayê Tosniye, est aux                                                                                               Bamasuran

 

Aliyê Kistimi, wayirê Pilvançikan o                    Aliyê Kistimi, appartient aux                                                                                          Pilvancikan

 

Alidosti persenê wayirê Xirançikan o               Alidostu, est au Xirançikan

 

Sarê Doli Bavay persenê, wayirê Usivan o     Le sommet de Doli Bavay, est le lieu                                                                                  de vie des Usivan

 

Heser Bavay, wayirê Xormançikan o               Heser Bavay, les Xormançikan en ont      fait leur demeure

 

Kalo Sipê wayirê Carekan o                                 Kalo Sipê est aux Carekan

 

Wa Baxirê, wayirê Balaban o                            Wa Baxirê, appartient aux Balaban

 

Cimê Muzir Bavay, wayirê Sixesenan o         Le sommet de Munzir Bavay, est le                                                                             lieu de vie des Sixesenan

 

Cimê Emir Bavay, wayirê Paxizan o              Le sommet de Emir Bavay, aux Paxizan

 

Sêy Sovini persenê, wayirê Qaziyan o           Sêy Sovini, appartient aux Qaziyan.

 

SIME BIFETELIME

 

Je vous traduis la chanson du célèbre poète et révolutionnaire qu’était ALISER. Cette homme fut tué par un traite lors de la Révolte de Dersim en 1937-38. Son poème nous décrit la beauté de Dersim, qui s’intitule « Simê Bifetelime », « Allons-nous Promenez ». Un autre homme très connu des Desman, mais de notre époque, Yilmaz CELIK, nous chante ce poème dans son cinquième albums  «Mezela Seyidê Mi » :

 

Simê bifetelime koê Munzuri      Allons-nous promener dans les montagnes                                  de Munzur

Cixa ardo de sirino welat Dersim       Quel endroit délicieux le pays de Dersim

Bi cerexime koê Sultan Babayi         Faisons tout le tour de Sultan Baba

Gul sosine xo ki bole yê Dersimi Que les belles fleurs (jeunes filles) de                                  Dersim sont nombreuses

 

Welat seranu, luy ci nekone              Le pays des lions, le renard n’y pénètre même pas

Afsune rastiyo, nezannino        La vérité est ici, mais on ne le sait pas

Gule Kirmanciyo, kes negerefnano   La Rose de Kirmanciyê (ou de notre pays), personne ne la prendra

Yinanne cadiya raa Dersimi       Croyez moi la route de Dersim leur est fermé

 

Kam kê karsê, Kirmanciyê beno        Celui qui osera porter la main sur notre Kirmançiye

Reseno imdadi yeno ceng dano       Les nôtres viendront à l’aide pour les combattre

Delgê dano, ze bulisiki erceno           Avec force, comme la foutre, ils frapperont

Her ca rizneno na sere Dersimi        Qui voudra détruire le Dersim

 

 

 

Dersim n’est pas le nom d’une ville ou d’un village, comme on pourrait le croire, mais celui d’un territoire, d’une région. Personne ne connaît l’étendue réelle de sa superficie, mais selon un calcul personnel, Dersim à un territoire d’environ 2160 M². Notre pays est presque aussi grand que le Luxembourg. Aujourd’hui cette région est appelé par l’administration turc et impérialiste, Tunceli. Mamekiyê était la ville principale, mais elle fut rebaptisé, son nom est identique à la région. Son espace administratif ne représente plus que la moitié de l’espace traditionnel/populaire. Il a été coupé de toute part, mais pour la population, Dersim est toujours Dersim.

 

On trouve dans le Dersim seize villes et villages importants : Mamekiyê (capitale), Mamahatun (Tercan aujourd’hui), Khozat, Cemisgezek, Vacixe (Ovacik en turc, anciennement Selanik), Kemah, Mazgirt (les autochtones prononcent Mizgirt), Kigi, Peri (nouveau nom Carsancak), Nazmiye (Kizilkilise), Plemoriye (Pulumur en turc), Pertek, Arapgir, Egin (Kemaliye), Palu et Mose (aujourd’hui Cayirli).

J’ai fixé les frontières de Dersim, selon l’emplacement des Ashirets ou tribus.

 

Certains associent au territoire de Dersim, Koçkixi (aujourd’hui Zara) et Divrigi à l’est de Sivas, Hinis et Varto au sud Erzurum, car on n’y trouve des tribus de Dersim, tout comme à Erzincan, ainsi que dans ses villages. D’autres tribus originaires de Dersim se trouvent dans la région de Maras, Elazig, Malatya, Yozgat, Kayseri, Bingol, Kars et dans les alentours de Kelkit aussi.

 

Six grandes villes sont frontalières au Dersim : au sud nous trouvons Elazig et Malatya ; au nord Erzincan ; au nord-ouest Sivas ; dans le nord-est Erzurum ; Bingol se trouve au sud-est. On trouve aussi dans ces villes une population qui est originaire du Dersim.

On peut dire que Dersim n’a jamais eu de ville centrale. Tous ses villes, sont en réalités de gros villages. Le plus grand est Mamekiyê.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
   
 
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